Quelques dates sur des musiciens du 19° siècle

J’ai créé un tableau chronologique simple permettant de situer les uns par rapport aux autres certains compositeurs du 19° siècle (il en manque évidemment, mais c’est un commencement).

Le but est de repérer la « période active » de chaque musicien et de les situer facilement les unes par rapport aux autres. Ainsi Brahms a composé de 1849 à 1897, et Wagner de 1833 à 1883.

Ce tableau extrêmement simple et sans prétention, que j’ai établi sous Word, est disponible en téléchargement.
Mon objectif est de suggérer une méthode plus générale, qui pourrait être appliquée à d’autres domaines, et bien sûr à d’autres époques.

Il comprend une trentaine de compositeurs, avec en parallèle les dates de quelques personnages célèbres de la même période (Marx, Nietzsche,..)

Voici un extrait de ce à quoi il ressemble:

musiciens19

 

On voit ainsi par exemple que Schubert, né en 1797, a composé à partir de 1814, pour l’essentiel pendant une période où Beethoven composait encore; que Mendelssohn est né en 1809 et a commencé à composer en 1821; etc.
Les musiciens sont classés selon la date à laquelle ils ont commencé à composer, et non par date de naissance.

Téléchargez le tableau (clic droit), et demandez-moi la version Word pour pouvoir la compléter!

Nota: Dernière version en ligne: 29 juillet 2015 – 30 compositeurs.

Réfléchir sur Nietzsche

Ce billet est une sorte d’aide-mémoire, sur un sujet que j’aimerais travailler:

Beaucoup de chrétiens considèrent les idées de Nietzsche comme contraires au christianisme. Quelques auteurs chrétiens pourtant – je n’ai pas les références sous la main – ont un point de vue plus nuancé.

Pour ma part j’aime bien certains de ses textes. Ainsi par exemple dans Zarathoustra le chapitre « La vipère », où Zarathoustra dit à la vipère: « Reprends ton venin » etc.  Il y a là une liberté, une acceptation de l’épanouissement de l’homme, qui me semblent très positives. (Et on peut penser aussi, pour la vipère, à ce que Jésus a dit à ses apôtres…).

J’étudie en ce moment le livre de Charles Taylor L’âge séculier, et y lis (p.713), à propos de tendances intellectuelles non chrétiennes à la fin du XIX° siècle qui exaltent « les guerriers de l’ancien temps » et la souffrance « que ces héros apprennent à affronter et à surmonter »:
« … le christianisme, avec son insistance sur la paix et l’humilité, son espoir d’une union finale avec Dieu, peut aisément être conçu comme l’ennemi, la source originelle de (l’)humanisme moderne affaibli. Nietzsche est l’avocat le plus éloquent de ce type de conception et reste à bien des égards le plus influent ».

Je ne doute pas que Nietzsche ait effectivement vu cela dans le christianisme; ce qui m’intéresse est d’inverser la réflexion, et de montrer que Nietzsche avait tort d’y voir cela!

Pour moi toute valeur humaine est bonne, et par exemple « l’affirmation de soi »…
Le christianisme insiste-t-il sur la paix et l’humilité? Oui, bien sûr, mais pas seulement. Il ne propose pas une paix médiocre, minable, ou un affaiblissement, que Nietszche critique à juste titre.

Les chrétiens aussi sont des guerriers.

Heidegger nazi

Roger-Pol Droit, dans son livre Maîtres à penser (2011), claire introduction à vingt philosophes importants, indique que plusieurs ouvrages ont permis de découvrir des dates et citations (dont il reproduit certaines pp. 103 à 105) montrant  – contrairement à ce qu’on a longtemps dit – que Heidegger était clairement antisémite dès 1916-1917 et jusqu’à 1960, souhaitait « un Führer », et a voté pour le parti nazi en 1932. Sa « disgrâce » de l’université n’est qu’un conflit interne entre idéologues nazis. Ses oeuvres sont rééditées en 1943 alors que la pénurie de papier est à son comble: l’imprimeur reçoit une livraison spéciale de papier pour cette réédition. Etc.

« Voir mon péché »?

Il y a des approches spirituelles dans lesquelles on demande à Dieu de nous montrer notre péché. Et il y a la réaction de la petite Thérèse, qui après avoir demandé à Dieu de lui montrer l’état de son âme, est tellement effrayée qu’elle demande à ne plus le voir!

Cette demande, « Montre-moi mon péché », avait tendance à me mettre mal à l’aise. J’ai en effet tellement conscience d’être pécheur – le péché consistant pour moi en l’absence d’amour – que je ne voyais pas la place pour une demande spécifique de ce type, qui me semblait bloquante, négative, et volontariste par rapport à mon souci d’être plutôt tourné vers l’accueil de l’amour et le développement de ce qui est positif.

Mais au fond il s’agit, par cette approche, d’atteindre une meilleure connaissance de soi-même: de franchir des étapes dans l’itinéraire spirituel. Des étapes il y en a sans cesse: évolution dans notre façon de prier, attitude meilleure dans les relations avec les autres, etc. L’approche directe par le péché peut parfois être utile.

Par cette approche on peut découvrir par exemple, même s’il s’agit d’aspects de la personnalité qui semblent intervenir peu, que l’on a en soi tel réflexe, tel sentiment, telle conviction, qui constitue une sorte de structure permanente inconsciente pouvant faire souffrir les autres à l’occasion, et  bloquant certaines dimensions de notre développement spirituel.

Ce sont des « cadres cachés » de notre attitude quotidienne. En prenant conscience de tel ou tel de ces « cadres », on change d’un seul coup la perception que l’on a de soi-même. On perçoit certains réflexes intérieurs, certaines rigidités (« Assouplis ce qui est raide! »); ou encore des certitudes fausses, des égoïsmes inconscients.
On s’aperçoit que des choix sont possibles là où on croyait la voie déjà fixée.

Oui, Seigneur, montre moi mon péché!

Dieu… père et mère!

Il m’arrive souvent de comparer Dieu à une maman, qui suit attentivement la vie de ses enfants au milieu de difficultés dont la raison d’être nous échappe (voir: Jésus ne nous a pas dit d’où vient le mal).

Ce midi, une situation banale m’a fait me rendre compte qu’il est idiot de dire toujours que Dieu est « Notre père » et jamais qu’il est « Notre mère »!
Cette situation, c’est le moment où avant de faire une lecture à la messe, je m’incline un peu gauchement devant l’autel. Il m’est venu l’idée que, dans la vie ordinaire, je ne fais jamais ou presque d’inclinaison du buste devant un homme, alors qu’il m’arrive, avec le sourire et une sorte de complicité, de m’incliner devant une femme: de cela, j’ai l’habitude et je le fais avec aisance!

Dieu n’est ni homme ni femme! Il est bon de pouvoir dire qu’il est père, mais pourquoi ne dirait-on pas, chaque fois que possible, qu’il est mère? Il y a d’ailleurs me semble-t-il des mouvements dans l’Eglise, notamment aux USA, qui demandent une sorte de neutralité de la façon de s’adresser à Dieu.

Si l’on cherche à élargir notre façon de parler de Dieu et à Dieu, pourquoi alors ne pas modifier la première phrase du « Notre Père »? On débuterait par exemple en disant:

« Toi qui es notre père et notre mère,
Que ton nom soit sanctifié…

(ou toute autre formule plus claire)
etc..

Cela ne prendrait rien à Marie, qui n’est pas Dieu.

Et au lieu de dire « Au nom du Père et du Fils… » on pourrait dire (en remplaçant le « au nom » par une formule plus compréhensible):

« Nous sommes réunis dans l’amour de Dieu qui est père et mère, Fils, et Saint-Esprit. »

Un signe de croix peut très bien être tracé sur ces paroles.

Voir aussi une autre modification du Notre Père que j’ai proposée récemment.

Humilité

Une brève réflexion sur l’humilité.

J’ai déjà écrit, notamment dans mon livre, que l’humilité est la plus grande des vertus.

Elle ne consiste pas à ne pas faire de péchés, à ne pas être pécheur.
Mais il me semble qu’elle comprend notamment l’attitude suivante: être vraiment prêt à entendre ce que l’autre pense de vous.

Je ne sais s’il arrive que ce soit pratiqué dans le cadre d’échanges fraternels de « réconciliation » tels qu’ils existent par exemple au Chemin Neuf.

Quelqu’un de vraiment modeste, c’est quelqu’un qui est capable d’aller trouver un frère chrétien pour lui demander ce qu’il pense de vous. De souhaiter que l’autre vous dise les péchés ou défauts qu’il lui semble que vous avez. Cela suppose, pour que ce soit possible, que le frère sente par votre attitude que vous souhaitez sincèrement savoir la vérité, et que vous êtes prêt à l’accueillir – sans en vouloir à l’autre !

Que de progrès spirituels – pour les deux frères – peuvent résulter de tels échanges!

 

Auteurs et livres

Je débute ici une catégorie de billets où je mentionnerai des auteurs ou livres qui m’ont paru potentiellement intéressants, et que j’ai découverts à des occasions diverses.
Je n’ai souvent encore rien lu d’eux.

Les nouveautés sont en premier:

– Une pièce de théâtre sur la relation entre Hannah Arendt et Heidegger: http://www.holybuzz.com/

Mark Kingwell: « Unruly Voices » et autres livres. La démocratie et la justice comme dialogue entre tous

Vincent Descombes: « Le raisonnement de l’ours » etc. Un philosophe rigoureux, un peu difficile.

Charles Taylor: « L’âge séculier » livre très épais et assez répétitif, difficile à lire en anglais comme en français, et avec un sommaire… extrêmement sommaire par rapport au nombre de parties, chapitres et sous-chapitres de cette énorme somme. L’idée générale semble être (mais j’ai probablement mal compris, n’ayant lu que des groupes de pages par ci par là) que la sécularisation n’est pas due à l’avancement de la science prouvant que Dieu n’existe pas, mais à une nouvelle attitude de liberté individuelle; il en est résulté des préjugés devenus la base commune de la pensée des élites, mais, dans la grande diversité désormais possible, les religions ont encore toute leur place.

– « Holy crocodile » (en): montrer aux tout petits, à travers des histoires d’animaux, ce que c’est qu’aimer et se soucier de l’autre; inspiré de traditions diverses (« légende dorée » etc.)
http://www.romereports.com/palio/holy-crocodile-showing-kids-what-a-saintly-life-is-all-about-english-10298.html

 

Articles plus anciens analogues:

– Sur le blog « Bibliques » j’ai mentionné quelques auteurs, dont Frank Viola et John Polkinghorne, ainsi qu’un site de textes développant sous forme de saynètes des récits de la Bible.

Prier…

« Comment prier? » Chacun a sans doute son approche, ses approches; qui varient au long des années.

Un « tweet » de Nicky Gumbel, ce matin, répond à sa façon:
« Trois principes pour la prière: 1.Qu’elle reste honnête  2.Qu’elle reste simple  3.Qu’elle reste tournée vers le haut »

Voici en ce qui me concerne quelques aspects de « là où j’en suis »:

A midi, la messe: c’est le sommet de la prière, la demi-heure (ou davantage) essentielle de « coeur à coeur » avec Dieu, soutenu par les chants si beaux de la Communauté du Chemin Neuf, et l’homélie toujours nourrissante. Quand je vais communier, je me sens faible et pécheur (je l’écrivais déjà il y a bien longtemps); en en revenant de la communion je demande au Seigneur de « porter mon coeur »; de me tenir par la main, par le coeur en somme.
Mais il y a déjà, avant, l’arrivée dans l’église: c’est le silence, si propice pour se préparer. Quand nous arrivons suffisamment tôt, et par exemple si nous nous installons dans les stalles qui sont au fond, il est bon de fermer les yeux, et de prendre conscience des bruits qui ont tendance à attirer l’attention (tiens, voilà quelqu’un qui entre: est-ce que je le connais?): résister à l’envie d’ouvrir les yeux. Partir « en Dieu ».

Sinon, au long de la journée, il y a les moments où je prie brièvement, confiant au Seigneur telle ou telle rencontre qui va avoir lieu, etc.
Et puis il y a les moments où j’essaie d’entrer dans la prière.

Dans cette prière, peu à peu se sont développées différentes façons dont mon corps est « en contact » avec Dieu.
– Il y a eu, depuis assez longtemps, la tête, c’est à dire l’acceptation de l’idée que Dieu puisse me parler « en pensée ». Cela rejoint ce que j’écris dans le blog « Charismatiques« .
– Il y a le coeur: je l’ai dit ci-dessus à propos de la communion. Coeur qui se donne au Christ, qui bat avec lui et pour lui.
– Il y a – basé sur ce que l’on appelle semble-t-il un « chakra » quelque part au fondement du tronc – cette façon de percevoir son corps, son tronc globalement: de trouver une « assise » en Dieu, en se laissant aller, centré sur le bas du tronc.
– Et il y a depuis récemment, basé sur une généralisation de ce que j’appelle ailleurs « le rire de Clotilde« , une chaleur créée volontairement à hauteur de l’estomac, qui me place dans un état de bienveillance, de tranquillité intérieure; c’est un bref mouvement intérieur qui me fait me reposer sur Dieu.

Les gestes, petits ou grands, sont importants: gestes des mains (« je te confie.. »); gestes des bras (Alleluia!); position à genoux. Ne faisons-nous pas des gestes en direction de ceux que nous aimons?

Certains penseront: Hou-là là, je n’en suis pas là! Il me semble au contraire que ce que je dis ici est à la portée de chacun. Car il ne s’agit pas de longues prières; juste de petites habitudes, de petits « trucs » que l’on peut développer, qui que l’on soit et où que l’on soit: de partir de notre corps tel qu’il est !

… Et du coup, un peu plus tard dans la même journée, je rajoute un paragraphe sur le lien… entre sommeil et prière! Etant retraité, je peux somnoler sur mon siège  – ou faire une vraie sieste de 25 minutes si je le veux (pas plus longue, sinon on se traîne toute l’après-midi ensuite – j’utilise un réveil!).
Certains moines le disent: s’endormir dans la prière n’a rien de choquant; cela peut vouloir dire que l’on est assez détendu, confiant; et/ou que l’on soigne son corps en le laissant se reposer. Se reposer tout court, et se reposer en Dieu.

La mort n’est qu’une étape

Je l’ai  déjà écrit ailleurs: je pense que « Après la mort, les travaux continuent« . Par exemple je n’imagine pas que mon père, qui est décédé, soit encore « actuellement » identique à ce qu’il était dans les dernières années de sa vie: il aura continué à progresser spirituellement (ceci naturellement en supposant que la notion de temps existe dans l’au-delà comme pour nous).
Je me représente donc la mort comme une étape, une simple étape.

Au cours de mes études j’ai connu une situation qui me sert parfois de comparaison: après le bac j’ai continué pendant deux années au Lycée, dans une classe préparatoire aux concours d’entrée dans les Grandes Écoles. Je ne savais pas si je réussirais du premier coup les concours d’entrée, ou si je devrais rester une troisième année au Lycée. Et surtout, je n’avais pas la moindre idée de ce que serait la vie « au-delà » du concours: dans l’univers d’une école d’ingénieur.

C’est ainsi aussi que je vois ma vie actuelle. Je ne sais pas combien d’années je vivrai encore sur terre, et au fond cela n’a pas d’importance. Je fais ce que je peux; j’entre peu à peu dans la vie de l’Esprit. Et cela continuera après la mort: elle est juste une étape à franchir, et il s’agira ensuite de poursuivre la montée dans l’Esprit.

Je vis donc en considérant que j’ai devant moi non pas 10 ou 20 ans, mais plutôt 200 ou 300  (ou 3000…). Ce n’est pas pour moi une façon de dire « on a le temps! », mais une simple réalité, le cadre dans lequel je pense.
Et je veux passer chaque heure avec le Seigneur, dans l’amour.