« Premières feuilles »

En écrivant deux brefs textes récemment, j’ai ressenti le besoin d’avoir encore un nouvel endroit pour les mettre. Car il ne s’agissait pas tout à fait, dans un cas, d’un texte sur la foi (qui aurait pu aller sur le blog « Le crois-tu » ) ni, dans l’autre cas, d’un texte « spirituel » au sens strict (pouvant aller dans ce blog-ci, ou dans le blog « charismatics » ), ou en tout cas d’un texte assez développé pour aller dans la section « Avec Lui » …

Voici donc que s’ouvre la section « Premières feuilles » du site!

Vous pouvez commenter ci-dessous!

« Avec Lui »

« Avec Lui » : c’est le nom d’un nouveau groupe de pages, sur mon site plestang.com.
Axées sur la spiritualité et sur la psychologie, elles préfigurent peut-être les éléments d’un futur livre.

Extrait:
« Aimer, c’est devenir transparent à l’amour du Seigneur. »

Des commentaires seront possibles à travers ce billet de blog.

Le fil RSS, comme pour tout le site, est celui de la page Facebook (voir le billet: « Full RSS » ).

ADDITIF: Un autre « sous-site » existe depuis juin 2015: « Il s’agit d’aimer » Ce billet de blog peut servir aussi pour les commentaires sur cet autre groupe de pages.

« Tu aimeras l’étranger… »

Etranger… difficile à aimer: telle est ma réflexion après avoir assisté/participé à une messe dans une communauté que je ne nommerai pas.

L’excellent blog Judeopedia m’aide à retrouver deux citations du Premier Testament (Dt 10,19 et Lv 19,34) qui concernent l’étranger, et qui ne sont pas celle que l’on cite habituellement, à savoir « Tu aimeras ton prochain » (Lv 19,18).

Dans cette communauté, j’avais l’impression de revenir 50 ans en arrière. Mais aussi, curieusement, à travers ces jeunes si contractés, centrés sur le rite, je me retrouvais un peu moi-même vers 1960, quand j’avais 20 ans et que je voulais (déjà, mais à ma façon de l’époque) me donner entièrement au Seigneur.

Je vis maintenant un christianisme de douceur et de miséricorde. Et cette phrase m’est venue: il faut les aimer comme on aime un étranger. Car si je crois qu’ils sont « mon » église, j’ai vraiment du mal avec eux, tant leur souci du sacré et leur attitude compassée me paraissent loin de la façon dont je souhaite vivre l’eucharistie; dont je souhaite vivre l’amour.

Une fois qu’on a dit qu’il s’agit d’étrangers, on peut sans doute apprendre à les aimer… Je ne dis pas cela avec dureté, ni avec une sorte d’humour; mais plutôt comme un « truc » psychologique qui peut m’aider.

D’autant qu’il y avait de belles choses dans cette liturgie: à commencer par plusieurs chants, dont l’Alleluia et le Sanctus, « retombant » en quelque sorte en cascades, un peu comme les chants solennels des messes en latin d’autrefois.

Et surtout la consécration a été très belle: jamais je n’avais vu/entendu un prêtre prononcer les paroles consécratoires aussi lentement, et comme si c’était vraiment Jésus, présent, qui les disait solennellement, mot par mot, à ses disciples, car il sait qu’il va mourir. Pour cela seul cette rencontre est inoubliable.

Je me rends compte que ma difficulté avec le reste est psychologique: ils sont ce que je n’ai plus voulu être; ce dont j’ai mis 50 ans à sortir!

Et du coup cela peut m’aider à comprendre ceux qui rejettent la religion: parce qu’il a fallu qu’ils rejettent la façon dont on la leur faisait vivre, tant elle était nocive pour eux !

Ce n’était pas mon cas heureusement; moi, elle était déjà ma vie; mais une vie étroitement conçue, volontariste, dont le Seigneur m’a fait sortir. Loué soit son nom!

Louf, Oraison

Je relis « La grâce peut davantage » d’André Louf. Aux pages 19-20, sur la morale, il rejoint tout à fait Marc Oraison (« Une morale pour notre temps »).
Mais puisque pour une fois (qui pourrait devenir plus fréquente?) j’utilise ce blog pour noter mes impressions de lecture ou autres réflexions, j’ai tendance à avoir un certain désaccord avec André Louf lorsqu’il parle, pages 21 et 22, de la capacité pour l’accompagnateur d’être « expert » à discerner les mouvements de l’Esprit dans le coeur de chaque frère et de chaque soeur… Je ne suis certes pas accompagnateur spirituel, mais j’ai tendance à penser que tout ce que peut faire l’accompagnateur, c’est de suivre les impulsions de l’Esprit en lui-même, et que c’est l’Esprit qui lui dira comment parler au frère qu’il accompagne. Sans avoir à savoir ce que sont ou non les impulsions de l’Esprit dans le coeur de l’autre…

– En même temps je relis aussi « Sagesse d’un pauvre »: quelle merveille! Livre de spiritualité, essentiel, pour ceux qui sont prêts à suivre François sur son chemin.

« Il faut vraiment demander au Seigneur… »

Un prêtre, à propos d’un événement important, nous dit dans son homélie: « Il faut vraiment demander au Seigneur de donner son Esprit aux Evêques (etc) « .
Ce n’est pas du tout ma conception de la prière ni de la façon dont le Seigneur agit!

Est-ce que la tension que nous mettrons dans notre prière va influer sur la façon dont le Seigneur va agir?
Le Seigneur veut agir! Il veut donner son Esprit, sans limites!

C’est la formulation que je critique (« il faut vraiment.. »), mais pas l’importance de la prière.
La prière nous ouvre à ce que le Seigneur veut: elle devrait me semble-t-il, dans un cas comme celui-là, être louange, contemplation: oui, tournons-nous vers le Seigneur, et entrons dans ses chemins.
Je vois l’ensemble des prières des hommes – je l’ai déjà écrit je crois – comme un vaste voile autour de la terre, qui nous relie les uns aux autres, et qui dit au Seigneur « Oui, nous t’aimons, fais ta volonté en nous! »
Le reste, et en particulier la tension ou l’inquiétude, n’est pas de même niveau: c’est la rançon inévitable de la faiblesse de nos psychologies.
La meilleure prière, à mon avis, est confiance.
Mais cela ne veut pas dire qu’elle est sans importance et qu’elle n’agit pas: nous participons au « voile » dont j’ai parlé. En accueillant l’oeuvre de Dieu nous lui permettons de venir dans le monde.

Je ne prie pas devant des images… mais…

Je ne prie pas devant des images.
Lorsque, à la fin d’une messe, tout le monde se tourne vers une statue de la Vierge pour un « Je vous salue Marie », je ne le fais pas: Marie pour moi n’est pas à cet endroit là!
Chez moi je ne prie pas devant un crucifix. Et pourtant j’en ai deux dans ma pièce. Quand je prie, je pense à Dieu qui est « là-haut », ou qui est partout. Et surtout, qui est là, invisible.

Mais… si, à n’importe quel moment de la journée, j’ai sous les yeux une belle image, ou une belle statue, du Christ ou de la Vierge, cela peut m’amener à prier. Je regarde le travail de l’artiste: comment il a choisi de représenter Jésus, en croix ou autre. Et je pense à Jésus.

L’image peut mener à Dieu.

Croire des faits, croire quelqu’un… Le cas des NDE

Croire ou non des faits est-il quelque chose de différent de croire quelqu’un? Il y a sans doute une base commune, qui est l’absence d’ouverture d’esprit.

Les NDE (« Expériences de Mort Imminente ») sont typiquement un domaine que certains scientifiques des sciences « dures » (biologie en la circonstance) préfèrent refuser: ils cherchent à tout prix une explication dans le cadre des phénomènes qu’ils connaissent (p.ex. « excitation neuronale.. »), ou affirment qu’il s’agit d’affabulation, d’invention a posteriori.

Dans son excellent livre « Deadline » sorti en 2012, Jean-Pierre Jourdan, médecin athée qui étudie ces questions depuis 20 ans, essaie de poser les premières bases de leur étude méthodique et d’une réflexion théorique. L’accumulation et la cohérence des témoignages procure, écrit-il, un « début d’objectivité » à ces phénomènes.

Mais il y a des gens que ces phénomènes gênent: ils estiment apparemment… qu’ils ne peuvent pas exister parce qu’ils sont contraires aux théories scientifiques en vigueur.

Ils refusent donc de croire en leur existence.

C’est un peu différent de « croire quelqu’un », mais il y a des points communs.

P.S.: Voir l’exposé que j’ai fait sur cette question: http://www.plestang.com/blog/2014/experiences-aux-frontieres-de-la-mort-un-debut-de-modelisation

Adoration de la croix,… et « communion qui prend son temps! »

Il y a une dizaine d’années, j’ai eu la chance de participer à une belle cérémonie du vendredi saint: 500 personnes dans un gymnase aménagé pour la circonstance. Je n’oublierai jamais l’adoration de la croix:
Un espace assez vaste avait été dégagé autour d’une grande croix; la chorale chantait « Crucem tuam adoramus Domine » (Taizé) et chacun s’avançait quand il le voulait, pour venir dans cet espace près de la croix pour le temps qu’il voulait, et dans l’attitude qui lui convenait.

C’est ainsi que j’aimerais que se déroule la « communion », ce moment de la messe où a lieu notre corps à corps avec le Christ.

Brian McLaren, dans un magnifique texte, propose une « communion qui prend son temps »: où chacun s’avance quand il le veut, reste le temps qu’il veut près du pain et du vin, et retourne ensuite à sa place!

Y a-t-il vraiment quelque chose qui empêcherait certaines communautés catholiques d’expérimenter cette formule?
Je fais partie des gens qui ont souvent le sentiment de devoir « me dépêcher » de recevoir l’hostie, parce que d’autres attendent derrière; et aussi qui hésitent à boire au calice (lorsque c’est proposé), de même parce que cela prendra du temps et aussi parce qu’il risque de ne pas en rester assez pour les suivants…
Quelle triste façon de communier physiquement avec notre Seigneur!

Comme j’aimerais notamment pouvoir rester quelques instants immobile en prière, au moment où je reçois l’hostie!

Oui, trouvons le moyen de permettre que la communion soit un vrai temps de « colloque singulier » pour chacun avec le Seigneur!

Les fenêtres de notre coeur

Le prêtre, dans son homélie d’aujourd’hui, a parlé des différents « casiers » que nous avons dans notre coeur: il y a le casier des gens que nous aimons bien, et nous ouvrons souvent ce casier là; et puis il y a peut-être d’autres casiers, notamment un avec les gens que nous n’aimons pas: et ce casier-là est bien fermé; nous ne l’ouvrons pas souvent; peut-être même en avons nous perdu la clef.

J’ai alors pensé aux calendriers de Noël que l’on donne aux enfants, avec leurs petites fenêtres que l’on ouvre jour après jour.

Et j’ai imaginé notre coeur comme un calendrier de Noël, avec toutes sortes de fenêtres, à ouvrir jour après jour…

Les fenêtres de notre coeur, en somme, à ouvrir toutes, vers tous les hommes.