Comprends-tu ce que tu chantes?

Ce billet amical, mais quand même un peu critique, s’adresse aux chanteurs qui, lors d’une messe, chantent trop vite.

Qu’il s’agisse par exemple du chant accompagnant la communion, ou bien-sûr du psaume, on a  l’impression parfois que le chanteur ne pense pas aux paroles qu’il est en train de chanter ou de faire chanter: il chante, trop vite!
Alors qu’il s’agit de moments méditatifs, où le chantre doit prier, et porter la prière commune par sa façon de prier en chantant. Où l’on puisse entrer dans la prière en s’appuyant sur lui.
Où le chanteur prenne son temps, et exprime par son chant ce que disent les mots !

D’où le titre de mon billet, allusion certes à la route de Gaza (Actes 8,26), mais, d’abord, supplique aux chanteurs:

Priez, et faites-nous prier !

Fais le silence !

A la messe en semaine, après la communion, un grand silence s’établit.

Chut, ne tousse pas! Ne bouge pas sur ta chaise!
Ecoute le silence!
Fais le silence! Ne le trouble pas!

C’est un moment privilégié pour moi.
La durée est fixée par le prêtre. A un moment il quittera son siège, et parlera. Mais pour l’instant je suis là, avec Dieu. Nous sommes là.

Le silence a une épaisseur. Je l’écoute, je vis en lui, sans m’occuper de la durée, qui, je le sais, sera assez courte.

« Le silence, ce n’est pas l’absence de bruit; c’est la présence de Dieu » (D.Ferry).

« Une messe sans silence est comme un pain sans sel » (Pascal Desthieux).

 

J’ai écrit le 8 mai une version un peu différente, qui est sur https://charismaticsonly.wordpress.com/

Qui sait faire un site web ? !

La « qualité » (l’absence de qualité) des sites web est souvent assez sidérante.
Ceci est un bref billet, que je compléterai éventuellement.

Je note que:
– Très souvent les sites – d’associations ou autres – sont touffus, avec divers menus à divers endroits de la page. Il manque à l’auteur /aux auteurs la clarté d’esprit: se placer du point de vue du visiteur.
– Dans d’autres sites – surtout des sites marchands – ce qui manque c’est une analyse logique précise du parcours/ des parcours que les visiteurs / acheteurs sont amenés à faire. Combien de fois on doit revenir au départ et refaire certaines opérations parce qu’on n’a pas compris ce que l’auteur du site voulait dire / voulait qu’on fasse.

Autre chose, qui concerne plus les associations: beaucoup n’ont pas compris que les adhérents de l’association vont rarement sur le site! Ils attendent qu’on les informe par mel – ou autres moyens style sms!
Voir à ce sujet l’article: « A quoi sert un site web paroissial« .

Et puis naturellement il y a le RSS, dont trop peu d’internautes – et de webmestres – ont compris l’intérêt, et la puissance.

 

Pardonner !

Encore un texte sur le pardon…
Je vais aller, ce mardi, à la messe quotidienne de la Communauté du Chemin Neuf. Le mardi, c’est le jour où il est parfois prévu une « réconciliation »: après l’homélie la messe est interrompue pour une dizaine de minutes de silence, qui permettent notamment à ceux qui le veulent d’aller trouver un frère ou une soeur, pour parler ensemble et le cas échéant demander ou accueillir un pardon.

Pour ma part, ce mardi, je sais qu’une partie de mon coeur contient un sentiment vigoureux: j’en veux beaucoup à quelqu’un (qui ne sera pas là).
Alors, pendant ce « temps de réconciliation », vais-je trouver une façon de changer mon coeur, d’aller vers le pardon?
Il faudra que les saints et les saintes à qui je demanderai leur aide trouvent bien le chemin de mon coeur! Car ce ne sera pas facile.

Le but serait, me dit Catherine, d’arriver à dire intérieurement: « Je te pardonne », en le pensant vraiment. Quitte à le faire et à le refaire à nouveau à de prochaines occasions; car la blessure est profonde et ne guérira sans doute pas en une fois.

« Je te pardonne! »

Je ne parle pas ici de le dire à la personne elle-même; car c’est là toute une autre histoire: de respect de l’autre; de charité.

Si cela se trouve elle n’a même pas conscience de m’avoir blessé…

« Centre pastoral »

Notre paroisse a une nouvelle église, et l’annonce partout… sous le nom de « Centre pastoral ».
Certes si on regarde bien l’enveloppe, on voit marqué « Diocèse de X. »; mais c’est un tampon rajouté.
Pour le « voisin moyen » dans la boite aux lettres de qui je vais placer ce pli, c’est une pub comme d’autres… (que je mettrai même dans les boites qui ne veulent pas de pub?)

Mais surtout, « Centre pastoral » cela évoque l’écologie, l’agriculture; la vente de produits ruraux…

Encore cette « langue de buis » (d’autres disent « langue de Canaan »), que les chrétiens utilisent sans trop savoir ce que cela veut dire exactement…

Centre paroissial, cela aurait été plus clair? Trop clair?

« My 2 cents », comme on dit de l’autre côté de l’eau.

Sainte Marie, prie pour nous

Essai d’une variante du « Je vous salue Marie », avec laquelle je puisse prier en pensant vraiment ce que je dis:

Je me tourne vers toi, Marie,
toute amour auprès du Seigneur;
choisie entre toutes les femmes,
et mère de Jésus.

Sainte Marie, notre mère,
prie pour nous
pauvres humains,
maintenant et à l’heure de notre mort,
Amen.

J’ai une dette envers Dieu (Matthieu 6,12)

Oui, j’ai une dette envers Dieu: je lui dois beaucoup. Il m’a tant donné, et me donne tant.

Supposons que j’aie, pour ma part, rendu de grands services à quelqu’un que j’aime, et qu’il me dise « Je ne sais pas comment te remercier ». Je lui dirai peut-être: « C’était un plaisir! Je t’aime! »

C’est cela que Dieu nous dit!

Le texte de Matthieu parle des dettes que nous avons envers Dieu. Mais au lieu qu’il faille que je lui demande de me « remettre » ces dettes, je comprends que Dieu me dit: « Ne t’occupe pas de la dette que tu as envers moi: tu vas voir, tu ne penseras plus qu’à l’amour si tu vis vraiment en moi. »

« Mais, ajoute-t-il, il y a une condition, un passage obligé pour vivre dans cet amour: c’est que tu pardonnes vraiment aux autres; et que tu ne considères pas qu’ils ont une dette envers toi. »

Oui, cher Dieu, ce n’est plus en termes de fautes, de dettes, de pardon à obtenir, que se situe la relation avec toi; mais en termes de vie dans ton amour: en vivant dans l’amour avec les autres.

J’ai une dette envers Dieu. Et le Psaume 116,12  annonce déjà l’action de grâces, l’eucharistie:

« Comment rendrai-je à Dieu tout le bien qu’il m’a fait? J’élèverai la coupe du salut ».

      « Je vivrai de bonheur et de grâce,
      de l’amour que son coeur m’a donné. »
        (Exo)

Aimer tous les hommes? Leur demander pardon?

Dieu aime-t-il tous les hommes? Devons-nous aimer tous les hommes?
Jésus aimait-il tous les hommes?
Par exemple aimait-il Judas? Il l’appelle son ami (Mt 26,49); mais dans le même évangile de Matthieu il y a des passages sévères sur ceux qui seront « maudits » et envoyés dans le feu éternel par le Fils de l’homme… (Mt 25,41)
Sur Judas, Maria Valtorta a de très belles pages, où l’on voit Jésus, mois après mois, s’efforcer de le ramener vers l’amour. Il l’aime.

Pour les « maudits » je suppose que l’interprétation classique est de dire qu’ils sont quand même aimés de Dieu (et que c’est par amour qu’il les envoie dans le feu éternel?). Pour ma part je me rallie plutôt à la thèse selon laquelle, au purgatoire, ceux qui refuseront définitivement l’amour ne pourront, de ce fait, pas y participer: ils se détruiront eux-mêmes.

Mais j’en viens à la question centrale que je voulais aborder: j’imagine une rencontre de réconciliation, où un chrétien se retrouve face à ceux qui sont, ou ont été ses ennemis.

Puis-je dire à l’autre que je lui demande pardon ? S’il est chrétien, il comprendra peut-être ce que je pense vraiment par là: que mon amour a été, forcément, limité, et que s’il avait été plus grand le conflit aurait pu évoluer différemment.

S’il n’est pas chrétien, il y verra sans doute, à tort, un aveu de faiblesse ou de culpabilité.
Alors qu’il ne s’agit pas du tout de cela: mais d’une attitude complète de remise entre les mains de l’amour. Je sais que mon amour est limité, et donc que je n’ai pas montré à l’autre le visage infiniment aimant du Christ.

En ce sens je peux même imaginer une situation extrême où je suis face à un homme qui a été un malfaisant épouvantable: disons Hitler… Et je pourrais, si ma capacité d’amour est déjà assez grande, lui dire que je lui demande pardon.
Pas du tout, évidemment, que je lui pardonne. Ce n’est pas de cela dont je parle. Et il n’appartient pas à qui que ce soit de pardonner à un tel homme.
Mais que je lui demande pardon de mes faiblesses, qui, comme je l’ai dit plus haut, n’ont pas fait de moi, face à un être comme lui, une véritable incarnation de l’amour. Cela rejoint ce que je dis du péché dans mon livre « Le fait Jésus » (p.31): je me reconnais extrêmement pécheur.

Pour aller en quelque sorte plus loin, mais différemment, Bernanos imagine que Dieu lui-même demande pardon! Le père Duval-Arnould le cite dans son texte « Pourquoi suivre Jésus » (p.17):

 » Ecoutez cette page de Bernanos que j’ai bien relue cent fois, et qui m’émeut toujours autant.
« Il y a quelque part en ce monde, en ce moment, une maman qui cache pour la dernière fois son visage au creux d’une petite poitrine qui ne battra plus, une mère près de son enfant mort, qui offre à Dieu le gémissement d’une résignation exténuée. Comme si la voix qui a jeté le soleil dans l’espace ainsi qu’une main jette le grain, la voix qui fait trembler les mondes, venait de lui murmurer doucement à l’oreille: « Pardonne-moi. Un jour, tu sauras; un jour tu comprendras et me rendras grâce; mais maintenant, ce que j’attends de toi, c’est ton pardon. Pardonne-moi ». 

P.S. – Il me revient que dans certaines communautés il est prévu des temps de réconciliation: on va alors demander pardon à un frère. J’ai eu l’occasion qu’un membre du Chemin Neuf, à la messe à laquelle nous assistons régulièrement, vienne ainsi me demander pardon (pour une « broutille », de mon point de vue); c’est quelque chose que l’on n’oublie pas, tant l’amour s’exprime dans la démarche de l’autre.

Intelligences artificielles (« Singularity » etc.)

Le livre « The singularity is near » de Ray Kurzweil explique que des superordinateurs, bien plus intelligents que l’homme, existeront sur terre d’ici une cinquantaine d’années, le développement des capacités des ordinateurs étant de plus en plus rapide. 

Kurzweil suppose aussi qu’on aura complètement décrypté comment fonctionne le cerveau, etc.

Sur ce dernier point les expériences aux frontières de la mort (NDE) devraient rendre les prévisionnistes plus modestes: manifestement il y a « de l’au-delà » dans le fonctionnement de l’homme, au moins dans certains cas, puisque la vue, l’ouïe, etc. continuent parfois à fonctionner même quand le cerveau est complètement inactif.

Mais si on regarde maintenant ces futures « intelligences supérieures », à supposer qu’elles ne soient pas greffées sur un homme, on peut se poser quelques questions, et par exemple:
– Quelle sera leur « sensibilité » : sensations agréables ou désagréables, peurs, etc.?
–  Auront-elles des désirs? des préférences autres que « logiques »; et, ces préférences étant forcément basées sur des hypothèses, quelle sera la méthode de choix, autrement dit quelles seront les valeurs?
– En somme, ces machines auront-elles de la volonté?

Je ne doute pas que certains penseurs proposent ou proposeront des réponses à ces questions; je n’ai d’ailleurs lu pour l’instant qu’une partie du livre de Kurzweil.

Mais le corps, pour nous autres humains, est loin d’être simplement un accessoire; nous sommes ce qu’il est. « Je suis un corps » écrit très joliment Benoît Billot (« Voyage dans le bouddhisme zen »).

Je pense aussi, comme chrétien, à cette phrase de la lettre aux Hébreux, à propos du Christ:
« Tu m’as fait un corps » (Hébreux 10,5).
Et le texte continue: « Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté »

Peut-être ces intelligences artificielles découvriront-elles qu’il y a un au-delà, comme les NDE semblent le prouver!

Addendum (22.9): J’ajoute, en commentaire pour ne pas trop allonger ce billet, une réflexion d’André Comte-Sponville dans son dernier livre.