L’absence de « chute » et ses conséquences

Bien des gens ont déjà écrit qu’Adam et Eve n’ont pas existé et qu’il n’y a pas eu non plus de « chute » initiale.
Mais il semble qu’ils n’en ont pas tiré les conséquences, liturgiques (les prières eucharistiques sont à revoir), et aussi théologiques, puisqu’on enseigne toujours que Jésus nous « rachète », alors qu’il s’agit d’une montée dans l’amour: dont il nous ouvre la voie en nous montrant ce que c’est qu’aimer, et en nous en donnant les moyens par les sacrements et la vie dans l’Esprit.
(Voir mon texte sur le salut, et bien sûr « Approches« )

Youcat: Bien !

« Youcat » (catéchisme pour les jeunes): bien !
Sans doute devrais-je dire: excellent! Mais je l’ai encore à peine parcouru. Ce « catéchisme » (trouvera-t-on un jour un meilleur mot?) est vraiment tout autre chose que le peu satisfaisant « Catéchisme abrégé » dont les résumés étaient parfois fort sommaires.
La présentation est agréable: sous film plastique solide (qui évite que les exemplaires en pile dans une librairie s’abîment – mais qui empêche aussi de le parcourir…), « Youcat » a une reliure plastifiée, et un texte abondamment illustré. La mise en page est sympathique. Les questions posées et les réponses proposées sont a priori bien conçues, prenant les sujets sous un angle concret. Voilà un livre utile pour les adultes comme pour les jeunes. Sa sortie est pour moi une sorte d’événement, notamment par son caractère international.
Bravo!
P.S. : Même quand il semble citer le « Catéchisme de l’Eglise catholique », Youcat en est (parfois? toujours?) très loin! Prenez par exemple p.282 le n°516, qui fait référence au paragraphe 2779 du « Catéchisme »: complètement différent! (Il s’agit de « nos expériences humaines de la parenté », y compris les enfants violés par leurs parents – quelle différence de style!).

« Stratégie missionnaire »?

« Stratégie missionnaire », ou présence au monde?
Dans des blogs américains – souvent protestants – on évoque les changements actuels du monde, et la façon dont les chrétiens devraient revoir leur « stratégie missionnaire ».
Personnellement je m’intéresse à être homme parmi les hommes, et à aimer. Certes, en tant que membre d’une église, j’ai – ou devrais avoir – le souci de faire connaître ce qu’elle est et propose. Mais cette stratégie missionnaire, protestante, me fait beaucoup penser à ce que j’ai souvent reproché aux papes: de vouloir « faire connaître la vérité » aux hommes; de ne pas se placer dans un dialogue à égalité.
Certes il y a le fameux « Allez et enseignez! » de Matthieu (28,20), mais c’est la suite du verset précédent: c’est aux disciples qu’il faut enseigner.
Ce n’est pas en croyant enseigner le monde que l’on fera des disciples. C’est en aimant, et en témoignant lorsque l’Esprit nous y invite. C’est lui qui définit la stratégie.

Dieu est là !

Dieu est là.
On a l’impression que, pour beaucoup de chrétiens, Dieu – Jésus – a été là dans le passé, et puis qu’il sera là à nouveau à la « fin des temps ». Mais que pour l’instant, il n’est pas vraiment là; il est « là haut ». On ressuscitera « un jour »…
Alors que pour moi les dimensions spirituelles, bien qu’invisibles, sont aussi réelles et présentes que le monde que nous voyons; on ne pense pas toujours à elles, évidemment, mais elles font partie du réel actuel dont j’essaie de tenir compte dans mon action. L’au-delà est là.
Ceux qui ont peur de Dieu, par exemple parce qu’ils raisonnent en termes volontaristes (« je ne fais pas tout ce que Dieu demande »), ont sûrement plus de mal à accepter cette perspective. Mais si on a vraiment compris que Dieu est amour, et qu’il nous transforme à partir de ce que nous sommes, on a plutôt un allié « tout près » (et non « là haut »).

Péché et imperfection

Péché et imperfection (note rapide)
Le péché est-il « imperfection »? Oui et non.
Il y a beaucoup d’imperfections qui ne sont pas des fautes contre l’amour!
Et inversement, beaucoup de péchés relèvent des passions, peurs, désirs, etc., que l’on ne peut pas appeler en soi « imperfections ».
Ces passions relèvent de notre nature animale, limitée, incarnée. Les chrétiens ne considèrent pas que ce soit une imperfection d’être incarné, mais il nous faut « monter »..
Jésus nous aide par rapport à ces passions: faut-il dire que grâce à lui on les « maîtrise »? Je n’aime pas ce mot (volontariste). Qu’on les sublime? Je ne sais pas. Qu’on les dépasse? Peut-être un peu.
Une phrase de Mgr Podvin que je découvre à l’instant: « On ne se protège de soi que par l’humilité ». J’ajouterais: et la grâce (l’action de l’Esprit en nous).

Infaillibilité, le retour…

La récente mise à pied d’un évêque australien qui s’interrogeait sur la question de l’ordination des femmes m’amène, au-delà de ma difficulté à garder mon calme, à réfléchir sur le développement rampant de l’infaillibilité à travers des décisions de Jean-Paul II, appuyé par celui qui était alors le Cardinal Ratzinger. Un texte de John Allen (en) m’a aidé à faire le point.
Il est déjà surprenant de découvrir que c’est le Concile Vatican II qui a ouvert la porte! Dans la constitution “Lumen Gentium”, le paragraphe 25 prévoit que le Pape puisse proclamer, “par un acte définitif”, “un point de doctrine touchant la foi ou les moeurs”. En 1994, Jean-Paul II publie la lettre apostolique “Ordinatio Sacerdotalis” qui affirme que l’Eglise “estime ne pas avoir autorité pour conférer le sacerdoce aux femmes” et que “cela doit être considéré ainsi définitivement par tous les fidèles”.
C’est quelques années plus tard (1998), à l’occasion du Motu Proprio “At tuendam fidem” et de la “note doctrinale” qui l’accompagnait, qu’est apparu clairement le fait qu’il s’agissait d’infaillibilité… Et la liste des sujets mentionnés est large.
Le cardinal  Ratzinger a expliqué à l’époque (cf texte de J. Allen cité plus haut) que cela concernait des doctrines reliées aux vérités de foi soit par des relations historiques (exemple: l’invalidité des ordinations anglicanes), soit par des relations logiques (cas de l’ordination des femmes notamment).
C’est ce dernier point qui m’inquiète, la notion de relation logique étant floue: le réel ne s’énonce jamais en termes “logiques”, et on peut “démontrer” facilement une chose et son contraire.
J’attends en tremblant la prochaine décision “irrévocable” d’un Pape…

Pas d’auberge à Emmaüs

Pas d’auberge à Emmaüs !
Saint Paul n’était pas sur un cheval lors de sa conversion, et de même il n’y a pas d’auberge dans le récit d’Emmaüs (Luc 24,13), contrairement à ce que l’on entend ou lit souvent. Les deux « pélerins » rentrent chez eux…
Egalement, il n’est pas question de « Simon-Pierre » au verset 34, contrairement à ce qu’écrit la traduction liturgique, mais de « Simon »: Pierre Perrier ( pdf, note en bas des pages 4 et 5), voit dans ce récit le témoignage de deux personnes, dont l’une est nommée au début (Cléophas) et l’autre à la fin (Simon).
Une remarque amusante pour finir: et si la personne qui accompagnait Cléophas était tout simplement… Mme Cléophas, qui avait été présente au pied de la croix?
Additif: Le texte grec, différent de ce que dit Pierre Perrier, permet cependant peut-être son interprétation.

Pomme

Petits cubes de pomme…
Vous avez une envie de grignoter? Prenez une pomme, et débitez un de ses quartiers en petits cubes (une trentaine!). Cela vous fera une belle assiette apéritif, qui se mangera plus lentement que si vous mordiez directement dans le quartier.
C’est moins calorique que des petits cubes de fromage! Et cela fait bien mâcher (surtout si vous laissez la peau).

L’espérance

L’espérance, c’est la confiance que Dieu continuera à nous accompagner (« votre grâce en ce monde » – acte d’espérance). C’est la foi continuée en quelque sorte.
J’avais été extrêmement insatisfait de l’encyclique « Spe salvi« , à la fois par son mélange entre foi et espérance, et par son insistance trop grande sur l’au-delà. Je retrouve un texte (colonne de droite) où je reprends cela.
« La vie n’est pas un voyage sans signification et sans espoir » nous disait le prêtre ce midi. Les chrétiens ont l’espérance, c’est plus fort que l’espoir.

Mort de Ben Laden

Jean-Paul II et Ben Laden: Je suis frappé par la quasi-coïncidence de date, dont je doute qu’Obama l’ait vraiment voulue, entre la béatification de Jean-Paul II et la mort de Ben Laden.
Jean-Paul II était, disent ceux qui l’ont approché, « un bloc de prière »; et il n’est guère discuté qu’il a joué un rôle majeur dans l’effondrement du bloc soviétique.
Un témoignage très intéressant est donné par un musulman sur le rôle de Jean-Paul II par rapport à l’Islam.
Puisse la prière de tous, dont celle de Jean-Paul II, changer les relations avec les musulmans et diminuer le terrorisme islamique!