« Désolé, la souffrance n’est pas finie.. »

Concernant la vie après la mort, j’ai écrit l’an dernier un billet intitulé « Les travaux continuent » (c’était déjà un premier octobre, fête de Thérèse de Lisieux!).
Aujourd’hui, après avoir rendu visite à une amie très souffrante et très croyante, pensant aux autres plus qu’à elle-même, je suis tenté d’imaginer qu’après la mort (« au ciel »), la souffrance continue.
Oui, il s’agit d’être capable de compatir de plus en plus avec tous, comme Jésus l’a fait. Parce que l’amour ne deviendra « tout en tous » (1 Co 15,28), comme je l’imagine dans mon texte sur le salut, que si chacun de nous devient capable d’accepter la souffrance.
Cette amie, qui en a son lot sur terre, aura moins de mal à s’adapter aux tempêtes de l’au-delà
P.S.: Je repense aussi à ce que j’écrivais sur « Dieu tout en bas« .

Une Haggadah chrétienne… ;-)

J’imagine le jeune apôtre Jean, disciple bien aimé, prenant le rôle de l’enfant le plus jeune lors de la Haggadah de la dernière Cène:
– « Père (Jésus..), d’habitude il y a du pain, du vin, et un agneau. Mais aujourd’hui, il y a du pain et du vin, mais pas d’agneau… »
– « Je suis, répond Jésus, l’agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde ».

Le christianisme, ensemble de phénomènes…

Mon approche consiste-t-elle à considérer le christianisme comme un « phénomène réel »? (J’ai failli écrire: « phénomène scientifique »).
Il faut d’abord écarter l’attitude « scientiste », pour laquelle seuls existent les phénomènes qui correspondent à ce que la science sait déjà constater, voire mesurer. Dans cette attitude fermée, on ne découvrirait jamais de phénomènes nouveaux, et même les relations psychologiques entre les personnes ne pourraient être examinés d’une façon scientifique que lorsque la biologie croirait les avoir analysés; ce qui me paraît une erreur (voir mon texte sur les neurosciences).
Parler du christianisme comme d’un ensemble de phénomènes est évidemment réducteur, puisque il s’agit aussi et d’abord de relations entre des « personnes » (des entités pensantes, sensibles, agissantes: nous d’une part, et un ou des êtres supérieurs d’autre part). Une relation entre des personnes ne se réduit pas à des phénomènes; et les « faits » (ou phénomènes) qu’elle comporte sont d’une extrême subtilité, non reproductibles.
C’est bien pourtant à partir de faits, de phénomènes, que nous constatons la présence de quelqu’un en face de nous! Donc on peut dire que mon approche du christianisme donne une place importante aux phénomènes, sans négliger pour autant toute l’expérience (prise au sens humain) des chrétiens, au sein de laquelle je vis et je prie.
Cette approche que je propose sera mal acceptée par les chrétiens qui se basent sur des phrases fixées une fois pour toutes pour décrire leur christianisme. Et de leur côté beaucoup de scientifiques ne comprendront pas que l’on puisse parler de phénomènes à propos du christianisme (voir mon texte « Une présentation du christianisme« ).

Enfant de Dieu… par le baptême ?

Enfant de Dieu.. par le baptême?
Cette formule m’a toujours choqué; une réponse partielle est donnée dans un article de Croire.com qui dit en substance: Oui, tous les hommes sont enfants de Dieu, mais le baptême est une reconnaissance de cet état.
Ouais, peut-être. Pour moi le baptême est l’entrée dans la communauté des chrétiens. Voir mon texte sur le salut: http://www.plestang.com/salut.php, chapitre III, paragraphe 3. C’est l’entrée dans la communion.
De ce point de vue, le chant « Tu es devenu enfant de Dieu.. » dit quelque chose d’erroné, comme « 80 % des chants » (C’est Mgr Lustiger qui le disait paraît-il!).
Additif: La lettre aux Romains (8,14) dit que « tous ceux qu’anime l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu ». Cela montre une fois de plus, s’il était nécessaire, combien la Bible comprend de passages contradictoires, ou, disons, complémentaires: c’est l’ensemble à quoi il faut réfléchir, en comprenant dans quel contexte chaque verset a été écrit…
D’autres exemples? « Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu » (Mt 5,9). « Aimez vos ennemis, (..) vous serez les fils du Très Haut » (Luc 6,35).
Dieu aime tous les hommes.

Changer son coeur

Il s’agit de changer son coeur – avec l’aide de Dieu.
« Aimer »… Ce mot est pour moi si évident, il désigne si précisément l’attitude d’amour que Jésus nous invite à avoir à tout moment et face à toute personne, que je suis un peu désorienté quand des gens me disent que pour eux ce mot n’est pas clair, et que je l’emploie trop souvent!
Est-ce que ce serait mieux de parler de changer son coeur? Travail de tous les jours, de toute une vie.
On peut aller jusqu’à dire: laisser Dieu changer notre coeur; mais il y a une part active, même si c’est Dieu qui nous change, et nous rend capables de ressentir davantage l’amour dans le monde.

Prescience de Dieu et liberté de l’homme

En lisant le passage d’évangile où Jésus annonce à Pierre qu’il va le renier, certains peuvent avoir l’impression que tout est écrit à l’avance, et que nous ne sommes pas libres. Ils ne voient pas comment concilier prescience de Dieu et liberté de l’homme. Si Jésus « sait » que Pierre va le renier, alors Pierre est « prédestiné »…
Voici deux comparaisons que j’utilise pour dire comment je comprends les choses.
Imaginons d’abord une maman qui voit d’assez loin son enfant se diriger, en courant, droit vers le bord d’une falaise ou d’un ravin. Elle peut lui dire « Attention, tu vas chuter », et effectivement, si elle est trop loin pour l’arrêter, il y a toutes chances que cela se produise. Le résultat est déjà inclus en puissance dans l’attitude et la trajectoire actuelle.
Il s’agit donc à la fois des « structures » (au sens large, y compris comportements etc.) dans lesquels l’homme est inscrit, et du respect par Dieu de la liberté de l’homme.
Deuxième comparaison plus simple mais analogue: si je vois une bille rouler rapidement sur une table, je peux « prédire » sans risque d’erreur qu’elle va atteindre le bord et tomber.
De même Dieu nous connaît, et connaît beaucoup de choses de ce que nous sommes. Il peut donc voir quelles sont les « tendances lourdes » de nos comportements, et ce qui a toute chance de se passer.
Mais il peut aussi choisir dans certains cas d’intervenir: de même qu’avec ma main je peux arrêter la bille. En général cependant, Dieu donne la priorité à la liberté de l’homme.
(Mais nous pouvons choisir aussi de nous laisser guider par lui: c’est toute la « vie dans l’Esprit » qui intervient alors).

Enfin voilà; c’est juste une approche de la question. Il y en a sûrement d’autres.

« Corps arc en ciel »…

« Corps arc-en-ciel »
Dans « La citadelle des neiges », Matthieu Ricard, racontant sous forme d’un roman la vie d’ermites du Bhoutan, dit que le corps de l’un d’entre eux disparut après sa mort. Seuls restaient les ongles et les cheveux.
J’ai déjà mentionné quelque part des phénomènes voisins, et on dit que ce fut le cas d’Henri Le Saux, dont le corps aurait aussi disparu après sa mort.
J’avais rapproché cela de ce que l’on dit de Marie. Et on peut penser aussi à Moïse: « Il l’enterra » (Dieu l’enterra) – c’est à dire qu’il n’y a pas de tombeau connu de Moïse.

Maitriser son esprit?

« Maîtrise complètement ton esprit »
C’est un précepte bouddhique que je lis dans « La citadelle des neiges » de Matthieu Ricard. Intéressant. Il me semble que la Puissance de la louange et les paradoxes aident à aller dans cette direction. Qui, telle que je me la représente, ne concerne pas d’abord les émotions – car les maîtriser est fort difficile, mais consiste à avoir une paix intérieure par rapport aux pensées et aux émotions qui vous traversent: être établi dans ce que j’ai tendance à appeler une position « meta » (les regardant d’au dessus).
Même livre, un peu plus loin: « La transformation de l’esprit est une aventure si passionnante! »