« SOS pour Jésus » ?

Je reçois d’un organisme chrétien une demande d’argent, avec sur l’enveloppe, en gros: « SOS pour Jésus » « J’ai soif! ». Ma réaction est immédiate et forte: ont-ils vraiment compris le christianisme?
Les apôtres ont bien essayé de « défendre » Jésus, mais c’est celui-ci, et non eux, qui connaissait le chemin. Il s’agit donc d’écouter l’Esprit, et de lui permettre d’agir en nous selon ses voies. Ce sera mieux que ce surprenant SOS.
« Gardez confiance, j’ai vaincu le monde » (Jn 16,33).

Maître Eckhart, sur « pauvres en esprit » (sermon 52)

« Ne rien vouloir; ne rien savoir; ne rien avoir ». Les deux premiers sont clairs pour moi: il s’agit d’être tellement dans le flux de la volonté de Dieu qu’on le laisse agir (au lieu d’être volontariste); d’être tant dans la remise de soi à son amour que l’on n’a plus à juger, à préférer, à affirmer. Le troisième point serait clair aussi s’il signifiait, comme je le croyais, ne plus se préoccuper de ce que l’on a et de ce que l’on n’a pas, ou encore (plus difficile) ne pas croire que l’on a quelque chose. Mais il semble – en tout cas tel que le sermon nous a été transmis par ses disciples – que Eckhart va plus loin et affirme des choses difficiles telles que « je prie Dieu pour qu’il me déprenne de Dieu », et même « je fus cause de moi-même et de toutes choses; l’aurais-je voulu, je n’aurais pas été ni n’auraient été les autres choses ». C’est l’union avec Dieu, sans doute.

Scot McKnight

Ce bibliste américain évangélique est un des auteurs que je lis régulièrement: notamment son blog « Jesus Creed » et ses livres (« The Blue Parakeet » en particulier). Dans son livre qui vient de sortir « The King Jesus Gospel » (l’évangile du Roi Jésus), dont j’ai téléchargé gratuitement le premier chapitre (merci Amazon!), il écrit à propos de l’attitude de la majorité des évangéliques qu’ils sont « obsédés par l’idée d’obtenir de la personne à qui ils parlent une décision en faveur du Christ; alors que les apôtres voulaient faire des disciples. » Et il ajoute plus loin: « L’évangile de Jésus attend plus de nous qu’une décision unique qui efface nos péchés pour que nous puissions être en sécurité jusqu’à ce que vienne le ciel. »

Le don de la foi

Si Dieu ne se révélait pas à nous, comment pourrions-nous avoir dans notre coeur la ferme conviction qu’il existe?
Il y a eu d’abord la révélation à Israël et en Jésus-Christ; et ensuite cette révélation continue, en chacun de nous: « L’Esprit témoigne » (1 Jean 5,6). Nous avons la foi, mais lorsque nous faiblissons intérieurement, nous pouvons nous tourner vers Dieu et lui dire, comme les apôtres: « Augmente en nous la foi! » (Luc 17,5)

« Etres supérieurs »

En discutant avec un ami non-croyant, je m’aperçois que ma « Présentation du christianisme » peut être mal comprise de lecteurs pour qui il n’existe que les deux « catégories » intellectuelles suivantes: à savoir d’une part les extra-terrestres, et d’autre part « Dieu », entendu comme le créateur de l’univers, tel que les religions en parlent.
Mon approche est différente! C’est ce qui ne ressort peut-être pas assez de mon texte. Je parle d’entités dont je ne dis pas qu’elles sont les créateurs de l’univers, et qui ne sont pas du tout au même niveau que nous ou autres civilisations de notre univers, mais à un niveau bien supérieur: d’où ma comparaison avec l’amibe (que nous sommes pour eux, s’ils existent).
Pour dire les choses autrement: je ne m’intéresse pas à savoir qui a créé l’univers, à supposer que cette question ait un sens; par contre je m’intéresse à une ou des entités – que l’on a tendance à appeler « esprit(s) », mais c’est là encore les ramener à notre niveau – qui éventuellement « gèrent » l’univers à un niveau plus élevé.
Pourquoi cette approche: précisément pour ne pas s’enfermer dans la question de « définir Dieu », qui me paraît absurde (cf. ma remarque à Comte-Sponville). Pour bâtir un schéma conceptuel aussi large que possible; schéma dans lequel je place, dans la suite de mon texte, la révélation de Jésus.

Comprendre le baptême dans l’Esprit

Vidéo hier soir, à « NetForGod » (« Fraternité Oecuménique Internationale » du Chemin Neuf), sur le baptême dans l’Esprit. Il est mentionné par l’évangile; dans les Actes on voit ses effets très importants. Disparaît-il ensuite? Pas tout à fait car le « chant en langues » semble être vécu par des saints comme Augustin ou Thérèse d’Avila. Et les miracles évidemment demeurent, faits par les saints. Au 20° siècle il redémarre avec les Pentecôtistes, puis, en 1967, dans l’Eglise catholique. Plusieurs papes ont insisté sur la valeur de l’approche charismatique.
Il faut en général demander ce baptême, et souvent on vous invite à « donner entièrement votre vie à Dieu ». Ses effets sont d’élargir notre capacité d’accueillir l’Esprit; de se sentir plus proche de lui par le chant en langues, qui sort spontanément; d’avoir une conscience plus forte de l’action des forces du mal dans le monde.
« Donner entièrement sa vie » n’a pas le même sens dans la psychologie de chacun; il y a des gens à qui cela ne paraît pas possible. Dieu est patient.
(Voir par ailleurs le texte que j’ai écrit sur la diversité des approches et le dialogue entre chrétiens).

« Réviser » régulièrement la traduction liturgique…

Cette traduction comprend – comme toutes les autres – un certain nombre d’erreurs ou d’impropriétés; j’en découvre toujours de nouvelles. Dans le texte de demain – Romains 4,16 – un « non seulement parce que » a l’air de dire qu’il faut obligatoirement être juif pour être sauvé.. (ambigüité logique dans la rédaction).
Réviser régulièrement la traduction liturgique ne devrait pas signifier le rachat de livres à la place des livres actuels; il suffirait d’admettre la possibilité de lire le texte selon deux versions: « Prions en Eglise » et Magnificat notamment publieraient selon le texte révisé. Les membres de l’assemblée s’éveilleraient peu à peu au fait qu’il y a plusieurs façons de traduire, et qu’on peut progresser. C’est cela ou le maintien des erreurs; la stagnation.

Chants insatisfaisants…

Quand je suis dans un groupe de prière ou à une messe, je pense à mes amis non chrétiens (cf « spiritualité« ), et j’imagine, s’ils entendaient ce que l’on dit ou chante, comment je pourrais « rendre compte de l’espérance qui est en moi » (1 P 3,15 – Voir aussi 1 Co 14,23).
Et c’est là qu’on voit que bien des chants sont inacceptables. Même s’il s’agit de l’adaptation d’un psaume. Exemple:

« Pourquoi les nations se moqueraient-elles, en disant ‘mais où est donc leur Dieu?’. Notre Seigneur est dans le ciel, règne et fait tout ce qu’il veut. »   (Chant « Elève-toi », LTC).
Je peux lire ou chanter le psaume (115/113b) en tant que tel, en lien avec la foi du peuple d’Israël. Mais chanté comme une réalité de maintenant, c’est carrément inacceptable.
Comment pourrais-je dire une chose pareille à un ami non croyant? Dans quel monde imaginaire les chrétiens qui chantent cela vivent-ils?
« Dieu? Il est ‘là haut’ dans un fauteuil et il fume son cigare! » (« Il fait tout ce qu’il veut »).
Malaise!
Suis-je le seul à le ressentir? Peut-on arrêter ces faux-semblants et parler du christianisme en vérité?
Viens, Saint-Esprit!

Si tu mets un, il mettra dix..

Il m’est venu une comparaison pour la prière: il existe me semble-t-il des systèmes d’aide économique, dans lesquels on encourage quelqu’un à agir en lui demandant de participer au financement de son projet; par exemple s’il met mille euros, on lui en prêtera dix-mille. Ou bien ai-je imaginé que cela existe?
En tout cas j’ai pensé ce matin que cela pouvait s’appliquer aussi dans certains cas quand on prie pour quelqu’un: j’ai prié pour un ami, et j’ai imaginé que Dieu « multiplierait » en somme mon acte et donnerait, à celui pour qui j’ai prié, « tantôt cent, tantôt soixante, tantôt trente » (Mt 13,23 – le semeur)…

Spiritualité personnelle, ou amour?

Je lis, en cette fête de Saint Bruno, ce qu’en dit le livre « Un saint par jour » (J.Mathieu-Rosay). Le texte raconte qu’à Reims l’évêque, dont il était le chancelier, pillait les biens de l’Eglise; Bruno ayant dénoncé ce scandale, l’évêque, furieux, lui retira sa charge: « Sous l’avalanche des reproches, Bruno restait impassible, car il était en paix avec sa conscience« .
Ma réaction: ce qui est décrit là (et qui n’est peut-être pas ce que ressentait vraiment Bruno) est une spiritualité personnelle: « Je suis en paix avec ma conscience ».
Pour moi, l’attitude optimum ne se limite pas à cela: elle comporte de l’amour pour celui qui agit mal, voire qui vous persécute.
Je préférerais que l’on écrive: « … car l’amour remplissait son coeur ».