Se donner, se recevoir …

Chacun de nous réagit de façon différente à des expressions telles que « acceptes-tu de donner ta vie à Jésus? » ou de « donner entièrement ton intelligence à Dieu » (phrases qui accompagnent parfois la demande de « baptême dans l’Esprit »).
Autre expression: « Se recevoir entièrement de Dieu »; une amie me dit qu’elle ne l’aime pas. D’autres n’aimeront pas des phrases telles que « vivre en Dieu » ou « être entre les mains de Dieu ».
Chacun a sa façon spécifique de comprendre sa relation à Dieu. L’un se sent en quelque sorte opprimé, privé de sa liberté par une de ces expressions, tandis que l’autre est à l’aise avec elle, mais est rebuté par une autre! Cela tient entre autres à notre structure psychologique, à ce qu’a été notre enfance et notre vie.
« Tout vient de Toi, ô Père très bon » !
. 13h On peut noter aussi que si on dit la phrase « donner sa vie », etc. devant un groupe, ce n’est pas la même chose que de la dire dans sa prière intérieure. Sans que l’un soit nécessairement « mieux » que l’autre !

Marie et le péché

Les oraisons de la messe d’aujourd’hui 8 décembre (Immaculée conception) parlent de Marie et du péché; notamment:
– « La faute originelle, dont tu as préservé la Vierge Marie »;
– « Tu l’as préservée de tout péché par une grâce venant déjà de la mort de ton Fils ».
Si on considère qu’il n’y a pas de faute « originelle » (Adam et la faute n’ont pas de réalité historique), mais plutôt un état pécheur de tout homme, Marie arrive comme un premier sommet de l’humanité: femme juive si attentive à la parole qu’elle lui est toute ouverte; avec l’aide de Dieu, elle est libre du péché. Elle n’est pas « préservée », elle est montée dans l’amour.
Cette montée dans l’amour fait partie du plan de Dieu, au même titre que la venue, la mort et la résurrection de Jésus. Pas besoin d’imaginer un « effet rétroactif », comme si la mort et la résurrection de Jésus était un événement déclenchant quasi mécaniquement une libération du péché.
L’événement naissance de Marie, l’événement Jésus, sont des étapes de l’histoire du salut: étapes les plus importantes certes, mais étapes, au même titre que la sortie d’Egypte et l’Exil. Le plan de Dieu n’est pas limité à l’instant Jésus. Jésus nous sauve parce qu’il éclaire le plan de Dieu et nous donne sa vie en nourriture. Dieu sauve tout au long de l’histoire des hommes; Jésus nous révèle ce salut.

– Voir aussi ce billet de J.-F. Bouthors sur le fait que Marie « perçoit la vraie visée de Dieu ».

Pleurs de Marie-Madeleine

La tradition dit que Marie de Magdala, après la résurrection, est arrivée avec deux autres personnes en Provence (« Les saintes Marie de la mer »), et qu’elle a fini sa vie à la « Sainte Baume ». Je rappelais cela hier soir dans une « soirée Bible« , et je disais que Marie, dans sa grotte, pleurait.
Je crains à ce propos d’avoir été mal compris, et d’ailleurs il y a deux ou trois hypothèses possibles sur ces pleurs. On peut d’abord supposer (mais je ne trouve pas cela convaincant) qu’elle pleurait la perte de « son Jésus »; cela ne correspond pas me semble-t-il à ce qu’a été la résurrection. Deuxième hypothèse: elle pleurait ses péchés. Pourquoi pas; comme le veut la tradition populaire, et comme l’explique bien le père Bruckberger dans son livre, Marie avait vécu une vie très libre avant de rencontrer Jésus (pour les pharisiens c’était « une pécheresse »).
Mais j’ai en tête une toute autre vision des pleurs que peut avoir quelqu’un qui aime Jésus: des pleurs d’amour, des pleurs d’admiration pour l’amour bouleversant, immense, englobant, de Celui qui nous a aimés le premier. Oui, on peut pleurer de bonheur, de gratitude, d’abandon de soi dans l’océan de l’amour de Dieu.
P.S.: D’après Mgr Alichoran, dans sa tradition chrétienne chaldéenne « ceux qui pleurent » dans les béatitudes ce sont les moines, qui pleurent sur les péchés du monde.

Atmosphère d’une récollection

Une récollection que j’ai faite il y a quelques semaines avec un petit groupe de ma paroisse reste pour moi une sorte de référence spirituelle intérieure. Nous étions sept autour d’une table, avec le prêtre qui nous faisait simplement quelques suggestions, ou bien, à partir d’un passage d’évangile, nous demandait de commenter par écrit brièvement chacun des versets, et un tour de table se faisait ensuite pour chaque verset. L’atmosphère (est-ce le bon mot?) était de respect, d’amitié; il faut dire que les membres du groupe se connaissent assez bien. J’en ai retenu pour moi le souci de vivre intérieurement encore plus dans la prière; de rester souvent silencieux ou de parler lentement et peu (pas tellement dans ma nature…). Une belle journée dans l’amitié; l’amour.

« Culte » des statues…

Un billet du blog « Porteuse d’eau » (dont je connais bien l’animatrice « Giboulée » 🙂 pose la question de la vénération rendue parfois aux statues (p.ex. encensement). Je suis moi aussi très gêné par ce genre de pratiques – et d’autant plus, comme le dit Giboulée, que c’est ne tenir aucun compte de la sensibilité de nos frères protestants.

La première « pratique » catholique avec laquelle je ne suis pas d’accord dans ce domaine, c’est de se tourner vers la statue de la vierge quand on récite le « Je vous salue Marie ».
Marie est pour moi quelqu’un de vraiment existant, présent. Se tourner vers sa statue, alors qu’elle est présente, c’est un peu comme se tourner vers une photo de quelqu’un alors qu’il est présent dans la pièce!

La croix: un renversement

Je viens d’écrire dans le billet précédent que « rien ne remplace la croix de Jésus »; je veux dire que l’amour jusqu’à accepter d’en mourir est la clef: c’est cela l’amour véritable. Jésus nous le montre, et nous apprenons dans nos vies à le mettre en pratique, grâce à son exemple et à son esprit.
C’est cela qui conduit à la résurrection, que nous pouvons déjà en partie vivre dans nos vies.

Témoignage d’une NDE (« Expérience aux frontières de la mort »)

Cette vidéo raconte une NDE (« EMI ») et une guérison miraculeuses, dans un contexte non chrétien (« non dualité », « se centrer »), ce qui rend les choses encore plus intéressantes. Elle est très longue, sous-titrée en français.
C’est un témoignage exceptionnel, qui comprend beaucoup des faits classiques des NDE.
Je la recommande en ce qui concerne les faits (toujours distinguer les faits de l’interprétation). Par contre les opinions émises par la personne (Anita) au sujet de la meilleure façon de vivre sur terre sont certes respectables, mais assez simplistes; ce qu’oublie celui ou celle qui émet de telles opinions (genre « il suffit d’être soi-même »), c’est qu’elle a vécu une expérience personnelle sur laquelle elle peut s’appuyer pour aller dans la direction qu’elle propose. Pour l’homme ou la femme moyen, cela ne l’avance guère.
Rien ne remplace, de mon point de vue, la croix de Jésus-Christ. Aimer, ce n’est pas des sentiments, des émotions, comme le laisse entendre Anita; du moins tant qu’on n’a pas fait une expérience décisive qui marque toute votre vie, et à partir de laquelle il suffit en effet, comme elle, de se laisser guider.

Un père qui prend soin…

Une oraison à la messe ces jours-ci: « Tu es un père qui prend soin de ses enfants ». Même certains de mes amis chrétiens trouvent cela difficile à entendre, car ils sont dans la difficulté et se découragent. Pourtant l’idée contenue dans cette oraison est presque vraie: il suffit de modifier un peu le texte pour arriver à quelque chose qui exprime bien la réalité de notre relation à Dieu:
« Tu es un père pour ceux qui mettent leur confiance en toi ».
Cela ne veut pas dire qu’on est alors dans un jardin de roses. Jésus ne nous a rien promis de semblable, et on voit, dans le cas de Saint Paul par exemple, combien les épreuves peuvent être nombreuses. Mais si on les vit « en Dieu » elles sont différentes.
Je pense aussi à Thérèse d’Avila, qui après avoir glissé dans la boue en sortant de voiture, disait à Dieu: « Je comprends que vous ayez peu d’amis, si c’est ainsi que vous les traitez! »